Sur la Mousson d'été et les femmes

Bilan de certain.e.s stagiaires de l'Université d'été

Du 23 au 29 août 2016 avait lieu, à Pont-à-Mousson, la Mousson d'été, qui est un festival autour des écritures théâtrales contemporaines.

 

Suite à cet évènement, certain.e.s stagiaires de l'Université d'été, organisée par le Festival de la Mousson d'été 2016, ont communiqué leur malaise face au manque de parité dans le festival et à la dévalorisation des personnages féminins dans les textes présentés.

 

 

Le mouvement HF se porte solidaire de cette lettre.

 

À travers cet exemple concret, nous dénonçons l'absence et l'invisibilisation des femmes dans les programmations de festivals mais aussi dans les structures institutionnelles, tous milieux artistiques confondus. Le Festival de la Mousson d'été a montré combien cette absence peut porter préjudice à la représentation des personnages féminins dans les textes dramatiques contemporains : passifs, victimes, secondaires, ils ne sont que le fruit de fantasmes masculins.

 

Nous dénonçons également le déni ou l'ignorance des organisateurs, des financeurs et des artistes qui perpétuent un système patriarcal où la misogynie et le machisme ordinaires s'imposent aux femmes évoluant dans le milieu artistique et culturel.

 

Il est temps que ce secteur, dont les structures sont en grandes partie financées par l'argent public, prenne conscience qu'il n'est pas exempt des violences sexistes qui alimente la #cultureduviol.

 

Cultivons la #parité et l'#égalité

 

LA MOUSSON D'ETE 2016


" Du 23 au 29 août 2016 avait lieu la Mousson d'été, qui est un festival
autour des écritures théâtrales contemporaines. Nous avons assisté à
toutes les lectures et tous les spectacles, ainsi qu'aux ateliers du matin en
tant que stagiaires de l'université d'été. Nous en avons donc eu une vision
plutôt exhaustive.


La Mousson d'été c'est si sympa, c'est ce qui revient dans la bouche des
gens qui connaissent, c'est tellement sympa. C'est l'été, il y a la Moselle,
on boit des coups, on mange dans la belle salle de l'église, on danse même
le soir au parquet de bal, on rencontre des auteurs et on assiste à plein de
lectures, c'est vraiment trop sympa.
Sauf que.
Sauf que sur 25 auteurs invités, il n'y avait que 6 femmes. Encore un
problème de parité ? Oui, mais pire que ça.


Cette année, c'était violent d'être une femme à la Mousson.


La prise de conscience a commencé le vendredi, 16h, conférence d'Ayat
Fayez sur sa pièce De plus belles terres, lue juste avant à 14h, où une
femme est violée par un ami de son mari, et ne dit rien. Ni à son mari, ni à
personne, ne dit plus rien du tout.
Petite phrase de ce monsieur lorsqu'on l'interroge sur cette question : "il y a
des moments où la femme on ne sait pas si elle veut ou si elle ne veut
pas."


Désolé, Monsieur Fayez, mais ce genre de phrase on l'a entendu souvent
et beaucoup, et dans la bouche des messieurs qui expliquaient que oui bon
le viol, mais la femme on ne sait pas si elle veut ou si elle ne veut pas,
alors un viol, vraiment ?
Or c'est un propos plutôt dangereux, qui fait partie de ce que l'on appelle
la négation du non-consentement, à savoir le fait de vouloir flouter les
limites du viol, dire que parfois c'en est pas vraiment, parce que la femme
le voulait un peu, dire que la victime désirait secrètement le rapport
sexuel, ou a aimé cela, alors au final c'est pas si grave. Il s'agit de
minimiser le viol, en faire une simple relation sexuelle, pas un crime.


Beaucoup de femmes ont tilté à la conférence, mais face à 2 hommes qui
monopolisent le micro pour se flatter l'ego, on ne va pas aller faire nos
reloues hein ? Pourtant en atelier le lendemain, hommes comme femmes
nous tombions d'accord sur le côté très limite du propos.
Ayat Fayet affirme travailler sur l’ambiguïté, et qu'il n'est pas responsable
de l'exégèse faite de ses pièces, qui jouent sur la multiplicité des
interprétations possibles.
Or si, nous sommes responsables de ce que nous écrivons, de ce que nous
mettons dans nos pièces et de la façon dont ça y est représenté. Et nous
sommes, de toutes façons, responsables des propos tenus en conférence.
Mais continuons.


Lecture suivante : Rose mexicain, où une jeune fille est abusée/ violée/
torturée/ tuée et enterrée. Donc ça fait deux.
Deux viols. Pas exactement, parce que du coup nous repensons aux
lectures déjà entendues : il a déjà été question de viol, par la pièce d'Helen
Benedict, The Lonely Soldier Monologues, qui évoque les violences faites
aux femmes dans l'armée américaine, et où deux personnages
mentionnent explicitement leur viol.
C'était quoi le thème de la Mousson cette année ? Le viol ? Non non, pas
du tout, « les gens et le politique ».
Alors on continue.


Le lendemain, 18h, il y a Notre Classe de Tadeusz Slobodzianek.
L'histoire d'un village polonais où des Juifs sont exterminés, et de la
Pologne après-guerre.
Et comme un cheveu dans la soupe, comme un gros pied dans la figure
des femmes, un personnage de femme est violée par 3 hommes et l'auteur
masculin qui lui met ces mots dans la bouche : "J'ai éprouvé du plaisir à
me faire violer."
Elle dit, très clairement, qu'elle éprouve un grand plaisir à être violée,
qu'elle a aimé ça, être violée. L'auteur en rajoute, lui faisant dire, qu'elle
pense, après coup, avec ce qui ressemble à de l'amour, aux grands et
beaux yeux de son agresseur.


Propos très dangereux, encore une fois, et d'autant plus dangereux sur une
scène de théâtre où ce que l'on voit dans l'immédiat, c'est un corps de
femme qui prend en charge ces mots. Il faut dès lors avoir la distance de
se rappeler que c'est bien un homme qui écrit ces phrases, que ce n'est
rien de plus ni de moins qu'un fantasme d'homme qu'il place dans la
bouche d'une femme.


Le dernier jour, dans Philip Seymour Hoffman, par exemple, une jeune
fille japonaise est violée et ensuite mariée à son violeur.
Le spectacle qui clôt le festival est une pièce de Gérard Watkins, Scènes
de violence conjugale, qui met en scène deux couples. L'une des 2
femmes est victime de viol conjugal.
Dans 6 pièces donc, une femme (ou plus) est violée. 7 viols de femmes
explicitement mentionnés dans 6 pièces de la Mousson d'été.


Il ne s'agit vraiment pas de faire des procès d'intention aux auteurs
individuellement.
Bien sûr qu'ils n'agissent pas par haine pure et simple des femmes.
Bien sûr, la pièce d'Helen Benedict visait clairement à dénoncer ces
violences faites aux femmes dans l'armée américaine, et a d'ailleurs
déclenché un procès en ce sens aux États-Unis. La pièce de Gérard
Watkins elle aussi dénonce ces violences faites aux femmes dans le cadre
conjugal, en mettant en lumière toute la progression insidieuse du mal.


Seulement, nous avions peu d'alternatives proposées à ces personnages
féminins subissant des violences.


À la Mousson, sur le peu de personnages féminins, la plupart étaient en
position de victimes ou de soumission, violées, agressées. Bien peu de
personnages féminins échappaient à cela, ou à être cantonnées à des rôles
secondaires, de peu d'épaisseur, dans des clichés habituels de femmes
hystériques ou soumises. Et à côté, nous n'avions pas de personnages
féminins puissants, à des postes importants, avec des préoccupations qui
n'ont rien à voir avec les hommes. Nous n'avions pas de figures fortes de
référence en contrepoint.


À tel point que beaucoup de femmes stagiaires à l'Université d'été
finissaient par la ressentir dans leur chair, toute cette violence fictionnelle,
à se sentir mal, à ne pas se sentir les bienvenues en tant que femme dans
ce festival, à percevoir l'homme comme un danger potentiel. Nous en
avons plaisanté assez sombrement entre nous, de la génération de violeurs
que pouvait faire naître un tel festival. Mais nous avions plus le coeur à
pleurer qu'à rire, tant c'est violent de se prendre ainsi, en ne s'y attendant
guère, une telle succession de représentations violentes de la femme,
violemment cliché ou violentée.
À l'entre-soi généralement décrié dans le milieu théâtral, s'ajoute un autre
entre-soi, masculin macho, dont ce festival a été le parfait exemple.


Le problème n'est pas chacune de ces pièces de façon individuelle, qui
diluée sur une année ne nous auraient pas donné la même sensation de
malaise et de profond dégoût du milieu théâtral.
Le problème c'est la concentration sur une semaine de festival de ces
représentations.
Le problème c'est les choix qui sont faits dans la programmation.
Parce que toute programmation est un choix. Choix qui engage la
responsabilité des programmateurs.


Parce que le thème de cette année, c'est écrit dans le programme, c'est
« les gens et le politique ». Donc cette avalanche de violence contre les
femmes est anecdotique pour les programmateurs, ce n'est pas voulu, ce
n'est pas remis en question, ce n'est pas comme si des débats ou des
conférences avaient été organisées sur le sujet, que c'était une volonté de
combattre et dénoncer. Non, c'était plutôt un décor, une toile de fond.
Dont les programmateurs du festival n'avaient apparemment absolument
pas conscience.


Ces représentations, concrètement, c'est la conséquence de quoi ? Il suffit
de regarder la première page du dépliant de la Mousson pour avoir la
réponse. Nous jetons un coup d’oeil sur la programmation de la Mousson
d'été telle qu'elle apparaît en première page des programmes du festival
en 2016, en 2015 et en 2014 (en fin de page). C'est simple, la
programmation est tellement loin d'avoir un semblant de parité qu'elle en
est franchement rétrograde.


En 2016, 25 auteurs étaient invités, dont 6 femmes. Soit 19
hommes. Chez les metteurs en scènes responsables des
mises en lectures et des 2 spectacles, c'est aussi flagrant : 1
femme et 13 hommes.
Les 3 conférences, dirigées chaque fois par un homme,
portaient chaque fois sur le travail d'un auteur homme.
En 2015, même constat. 28 auteurs, 7 femmes, 21 hommes.
11 metteurs en scènes, 1 femme.
En 2014, idem, 21 auteurs, 6 femmes, 15 hommes. 10
metteurs en scènes, 1 femme (la même en 3 ans).
En 3 ans, 74 auteurs invités, dont 19 femmes et 55 hommes.
35 metteurs en scènes, dont 3 femmes (en fait la même les 3
fois) pour 32 hommes.
La Mousson d'été a reçu autant de femmes en 3 ans que
d'hommes en un seul.


Le sentiment que nous décrivons ici était très partagé, par presque tous les
stagiaires de l'université d'été, hommes comme femmes.
Le dernier jour, lors du bilan avec les organisateurs de la Mousson d'été,
nous avons tenté de faire remonter le problème. Mais M. Didym nous a
fait cette réponse si habituelle, si commune, qu'on ne va tout de même pas
imposer des quotas, bah oui, si les femmes écrivaient bien ça se saurait.
Par la suite, nous relevons tous les noms d'auteurs mentionnés dans la
biographie de Michel Didym, téléchargeable en pdf sur le site du CDN de
Nancy.
Et là encore, simple constat. 30 auteurs sont cités par ordre
chronologique, qu'il a monté ou avec qui il a travaillé.
Et sur ces 30, 3 femmes et 27 hommes.


Ah oui, ce n'est pas si les femmes écrivaient ça se saurait, c'est juste que
les femmes écrivent, mais lui ne le sait pas. C'est tout de même
problématique pour un festival qui se revendique soucieux « de présenter
une grande diversité de style », « d'équilibrer sa programmation afin
que toutes sortes de sensibilités puissent se reconnaître en elle ».
(Michel Didym dans La Terrasse / n°244 / JUIN 2016 ).


Nous posons donc cette question : serait-il possible d'avoir un peu de
transparence sur le fonctionnement du comité de lecture ?


Parce que l'autre face du problème est en fait celle des choix que fait le
comité de lecture.
Sous façade de liberté artistique du choix, on se retrouve à n'avoir aucun
moyen d'action sur des processus qui perpétuent l'inégalité depuis des
années et des années sans jamais se remettre en question. Ce combat est
vieux, en 2016 on devrait pouvoir s'attaquer à d'autres inégalités et
problèmes de société que encore et toujours les inégalités
hommes/femmes. Si l'art et les milieux de la culture ont une
responsabilité envers la société, de véhiculer de nouvelles représentations
pour la faire avancer, on ne peut pas se permettre d'être à ce point en
retard.


Le 8 septembre, Gilles Ivain publie un article sur MediaPart, qui s'intitule
« Les insidieuses oeillères des vieux mâles blancs programmateurs de
musique », où il décortique les problèmes de programmation dans les
festivals de musique de l'été 2016. On aurait pu remplacer musique par
théâtre et avoir un tableau très précis du problème, de l'effroi à se
retrouver en 2016 dans un festival qui semble avoir été conçu et pensé par
« de vieux mâles blancs hétéros pour des vieux mâles blancs hétéros».
C'est caricatural mais le seul noir que nous avons croisé à la Mousson
d'été servait le champagne.


Alors si la Mousson d'été veut réellement écrire le théâtre d'aujourd'hui
comme elle l'annonce allégrement, peut-être devrait-elle avoir la curiosité
de chercher ailleurs que dans les textes des copains, et se pencher sur
TOUS les éléments qui composent le théâtre et le monde d'aujourd'hui.
Pas juste une année (ce qui nous a été répondu au bilan : il y a eu une fois
une année où il y avait plus de femmes que d'hommes), mais tous les ans.


Encore une fois, c'est simple : en tapant femmes auteurs de théâtre
contemporain dans Google, on tombe sur une liste de 2013 de 72 autrices
de théâtre contemporain sur le blog lhabitudedelaliberté.over-blog.com,
de quoi remplir avec la parité au moins 6 ans successifs de Mousson d'été,
sans compter toutes celles qui ont émergées et émergeront d'ici là.
Pour que la prochaine fois, on n'ait pas l'envie d'aller se jeter dans la
Moselle...


• Mousson d'été 2016 :
Les auteurs
Luis Ayhllón (Mexique) / Helen Benedict (USA) /Tim Crouch (Royaume-
Uni) / Joseph Danan (France) /Dimítris Dimitriádis (Grèce) / Guillaume
Durieux (France) /Alexandre Dal Farra (Brésil) / Aiat Fayez (France)
/Nathalie Fillion (France) / Zinnie Harris (Royaume-Uni) / Agnieska
Hernández Díaz (Cuba) / Mohamed El Khatib (France) / Rebekka
Kricheldorf (Allemagne) / Lara Itzel (Mexique) /Marco Martinelli
(Italie) / Yánnis Mavritsákis (Grèce) / Gilles Ostrowsky (France) /
Guillaume Poix (France) / Iggy Pop (USA) / David Rolland (France)
/Tadeusz Slobodzianek (Pologne) / Frédéric Sonntag (France) /Rafael
Spregelburd (Argentine) / Frédéric Vossier (France) / Gérard Watkins
(France)


Les metteurs en scène
Véronique Bellegarde /Michel Didym / Guillaume Durieux / Marcial Di
Fonzo Bo /Baptiste Guiton Mohamed El Khatib/ Éric Lehembre / Charlie
Nelson / Stanislas Nordey / Gilles Ostrowsky / Guillaume Poix / Frédéric
Sonntag / Laurent Vacher / Gérard Watkins /


• Mousson d'été 2015 :
Les auteurs
Adonis (Syrie) / Roukaya Benjelloun (Maroc) /Rachid Benzine (France) /
Eve Bonfanti (France) / George Brant (USA) / Davide Carnevali (Italie) /
Joseph Danan (France) / Daniel Danis (Québec) / Mahmoud Darwich
(Palestine) / Nathalie Fillion (France) / Ounsi El Hage (Liban) / Salah Al
Hamdani (Irak) / Yves Hunstad (France) / Pedro Kadivar (France-Iran-
Allemagne) / Wael Kadour (Syrie) / Jonas Hassen Khemiri (Suède) /
Rebekka Kricheldorf (Allemagne) / Daniel Laloux (France) / Pau Miro
(Catalogne) / Magali Mougel (France)/ Mickael de Oliveira (Portugal) /
Guillaume Poix (France) / Emilia Pöyhönen (Finlande)/ Marianna
Salzmann (Allemagne) / Roberto Scarpetti (Italie) / Nicolas Vercken
(France) / Michel Vinaver (France) / Gérard Watkins (France)


Les metteurs en scène
Albert Arribas, Véronique Bellegarde, Daniel Danis, Michel Didym,
Pedro Kadivar, Éric Lehembre, Mickael de Oliveira, Guillaume Poix,
Laurent Vacher, Michel Vinaver et Gérard Watkins


• Mousson d'été 2014
Les auteurs
Jeanne Benameur (France), Hervé Blutsch (France), Gianina Carbunariu
(Roumanie), Tim Crouch (GB), Sébastien David (Québec), Lucie
Depauw (France), Rémi de Vos (France), Nicoleta Esinencu (Moldavie),
Aiat Fayez (Iran, France, Autriche), Bogdan Georgescu (Roumanie),
Jonas Hassen Khemiri (Suède), Rebekka Kricheldorf (Allemagne), Jean-
Claude Leguay (France), David Lescot, Stefano Massini (Italie), Yannis
Mavritsakis (Grèce), Christine Murillo (France), Przemyslaw
Nowakowski (Pologne), Grégoire OEstermann (France), Michele
Santeramo (Italie), Guillaume Vincent (France)


Les metteurs en scène
Alexandre Plank, Michel Didym, Véronique Bellegarde, Éric Lehembre,
Frédéric Sonntag, Laurent Vacher, Ivica Buljan, David Lescot, Mathieu
Bertholet, Daniel Martin


• Les auteurs dans la biographie de Michel Didym
- Philippe MINYANA - Valère NOVARINA - Bernard-Marie KOLTÈS -
Michel VINAVER- Armando LLAMAS - Enzo CORMAN - Olivier PY -
Marius VON MAYENBURG - Jon FOSSE, - Falk RICHTER - Daniel
DANIS - Xavier DURRINGER - Botho STRAUSS, - Pierre
DESPROGES - Lee HALL - Fabrice MELQUIOT - Emmanuel
DARLEY - Jonas Hassen KHEMIRI - Laurent GAUDÉ - André Breton,
- Louis Aragon, - Queneau, - Prévert, - Man Ray, - Hanokh LEVIN -
Christine ANGOT - Serge VALLETTI- Boris VIAN - Angela
DEMATTÉ- Montaigne - MOLIÈRE - Mihaela MICHAILOV - Armando
LLAMAS


Quelques personnages féminins selon la Mousson
d'été


➔ Dans Dévastation, les femmes ne sont pour la plupart définies que
dans des rôles d'hystérie classique.


➔ Dans Abnégation, 5 personnages, 4 hommes et 1 femme, les 4
personnages masculins sont des hommes de pouvoir au sein du
parti, la femme sert à boire, fait un strip-tease, on sous-entend
qu'elle s'est prostituée, de façon générale a une position
relativement soumise, parole détenue majoritairement par les
hommes.


➔ Dans The Lonely Soldiers Monologues, 2 femmes sont
explicitement violées, toutes font état de violences physiques ou
mentales subies dans l'armée américaine par les hommes.


➔ Dans I need more, les femmes ne sont que les plans culs évoquées
par Iggy Pop.


➔ Dans Bruits d'eau, la femme réfugiée évoquée est violée et vendue
comme prostituée.


➔ Dans De plus belles terres, la femme est violée. La parole est
essentiellement détenue par les hommes, Stéphane, Vincent,
Mohamad essentiellement, plus les deux garçons.


➔ Dans Rose Mexicain, Flor, le personnage principal est abusée,
violée, torturée puis tuée et enterrée. Cela dit, sa soeur présente en
contre-point un personnage bienvenu de femme qui reprend le
pouvoir.


➔ Dans Notre Classe, 10 personnages, 7 hommes et 3 femmes. Les
femmes sont des personnages de plus en plus secondaires,
épouses, mères, amantes, définies par leur relation à l'homme. Et
Dora se fait donc violer par 3 hommes et dit y prendre du plaisir,
parole majoritairement masculine.


➔ Dans Anesthésie, toutes les femmes sont des prostituées sauf une.
Toutes subissent la violence du personnage masculin ou d'autres
mentionnés.


➔ Dans Philip Seymour Hoffman, par exemple, sur 5 comédiens, 3
hommes et 2 femmes, les 3 rôles principaux sont des hommes (un
acteur belge, Philip Seymour Hoffman, un acteur japonais). Les 2
comédiennes jouent beaucoup de personnages secondaires, le
temps de parole est totalement inégal. Une des comédienne joue:
une jeune fille japonaise qui est violée, et qui finit mariée par ses
parents à son violeur ; un personnage décrite par un personnage
masculin comme une assistante blonde à gros seins, lequel
personnage lui dit salope suce ma bite, et qui se voit contrainte de
le faire par chantage professionnel qui s'apparente à un viol, ou du
moins à une agression sexuelle (coucou le non-consentement) ; et
une jeune serveuse, fan d'un acteur et victime de la même erreur
que 3 personnages masculins avant elle, mais qui eux étant des
hommes ne se font pas baiser eux, s'en tirent en riant eux, alors
qu'elle on lui dit suce ma bite salope (again) et je vais te faire tout
ce que je veux. Pour la 2e comédienne, son rôle principal est d'être
l'assistance du rôle principal Philip Seymour Hoffman. Les autres
petits rôles féminins ne sont pas beaucoup plus épais ou moins
clichés.


➔ Dans Scènes de violences conjugales, les 2 personnages de
femmes sont donc deux femmes battues, l'une est victime d'un
pervers narcissique, forcée, violée, violences mentales et
physiques, tortures. L'autre battue et contrainte
psychologiquement par chantage affectif. "

Participez à l'égalité !

rejoignez-nous... réunions, adhésion, dons, etc.

Assemblée Générale HF Auvergne-Rhône-Alpes

Mardi 5 décembre à 19h

à la Friche Lamartine


HF Auvergne-Rhône-Alpes

Village Sutter

10 rue de Vauzelles
69001 Lyon

(Maison à l'intérieur du Parc Sutter)